Nunavut

Le Nunavut a officiellement vu le jour le 1er avril 1999. Le territoire couvre les parties est et nord de ce qui formait jusque-là les Territoires du Nord-Ouest, soit quelque deux millions de kilomètres carrés. Plus de 85 % des personnes qui y habitent sont d’origine inuite.

L’histoire des Territoires du Nord-Ouest, et par conséquent du Nunavut, s’enracine dans l’histoire du Canada. En 1869, deux ans après l’avènement de la Confédération, la Compagnie de la Baie d’Hudson cède au nouveau gouvernement ses territoires - auxquels on référait comme la Terre de Rupert – contre quelques millions de dollars et 20 % des terres arables. De larges parties s’en détachent peu après pour former le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et le Yukon, ou pour agrandir le Québec et l’Ontario. L’année 1999 et la naissance du Nunavut marquent l’aboutissement de la plus importante démarche de revendication territoriale menée par des Inuits de l’Arctique canadien.

La langue française est présente dans la région. Déjà, les équipages de baleiniers ou de marchands se composaient d’une bonne proportion de francophones issus des vagues migratoires européennes en direction des états américains jouxtant le Québec ou l’Acadie. En outre, les institutions scolaires étaient souvent dirigées par des communautés religieuses à fortes composantes françaises avides de prosélytisme. Des missionnaires oblats ont fondé plusieurs paroisses entre 1910 et 1950. Par ailleurs, le capitaine Joseph-Elzéar Bernier et son équipage ont sillonné les eaux de l’océan Arctique au nom du gouvernement canadien, entre 1904 et 1920, afin d’y affirmer la souveraineté canadienne. Dans les années 1970, Frobisher Bay affichait de plus en plus des allures de chef-lieu avec l’arrivée de nombreux bureaux régionaux du gouvernement fédéral.

La grande majorité de la population du Nunavut n’est ni anglophone, ni francophone. Sur les 31 152 personnes résidant au Nunavut au 31décembre 2008, quelque 85 % ont l’inuktitut comme langue maternelle et environ 15 000 le parlent le plus souvent à la maison. Selon le recensement de 2006, la première langue officielle parlée par la plupart des habitants du territoire est l’anglais (26 575 personnes); le français constitue, quant à lui, la première langue officielle de quelque 465 habitants du Nunavut.

La population du Nunavut est de loin la plus jeune du pays, avec un âge médian de 23 ans. La communauté francophone est cependant beaucoup plus âgée, à 39 ans. Pour sa part, la population francophone du Nunavut se compose largement d’adultes. Les moins de 20 ans comptent pour 19 % des effectifs francophones. En fait, la majorité des francophones (58 %) ont entre 20 et 49 ans, un chiffre qui reflète l’économie particulière du Nunavut, largement dominée par l’exploitation des ressources. Dans les milieux francophones des territoires, les familles sont peu nombreuses et les jeunes se font rares. La consolidation d’institutions de langue française dans le domaine de l’éducation pourrait aider la communauté francophone du Nunavut à renouveler sa base.

Huit francophones du Nunavut sur dix sont nés hors du territoire. Presque tous sont originaires des autres provinces canadiennes, les immigrants ne formant que 6,5 % de la population francophone du territoire. Les résidents francophones du Nunavut proviennent surtout du Québec, mais aussi des autres régions du pays. La communauté francophone puise ainsi à même une diversité principalement native du Canada, ce qui n’est pas sans effet sur l’appartenance et l’identité.

L’éducation est la clé de la vitalité de la communauté francophone du Nunavut. En effet, celle-ci peut compter sur des proportions importantes de francophones qui ont une scolarité postsecondaire : 95 d’entre eux ont une scolarité universitaire auxquels on ajoute plus d’une centaine de francophones du Nunavut qui ont fait des études collégiales ou autres. Le niveau de scolarité des francophones est de loin supérieur à la moyenne territoriale, et le pourcentage de diplômés collégiaux ou universitaires de langue française dépasse considérablement la moyenne nationale pour les francophones. 

Le Dynamisme culturel au Nunavut

L’Association des francophones du Nunavut constitue l’organisme porte-parole de la communauté francophone du Nunavut, le maître d’oeuvre de son développement. À l’AFN s’ajoutent les composantes d’un réseau associatif dynamique avec la coopérative de tourisme Odyssée limitée (Odyssée Nunavut), le Conseil de coopération du Nunavut, Nunafranc Inc., ainsi que la Société immobilière Franco-Nunavut. Cette dernière est propriétaire de trois immeubles et est responsable d’un projet majeur de construction au centre-ville d’Iqaluit, soit celui d’un Carrefour de la francophonie.

Le Centre communautaire est le lieu de rassemblement de la francophonie du Nunavut. C’est l’endroit où la population a accès au Centre des ressources (films, journaux, ordinateurs, Internet) et où ont lieu les activités sociales et culturelles. C’est aussi à cet endroit que sont situés les bureaux de l’AFN et de Nunafranc Inc. ainsi que le studio de la radio communautaire.

Les francophones du Nunavut sont parfois représentés lors des festivals et événements multiculturels du territoire, mais ils bénéficient également d’activités culturelles qui leur sont propres, telles que spectacles de musique et de chansons, événements ponctuels ou annuels (tels que la Saint-Jean-Baptiste) et cinéma en français.

L’Association des francophones du Nunavut (AFN) crée des opportunités d’expression et de rassemblement à caractère culturel pour les Franco-Nunavoises et Franco-Nunavois avec, par exemple, la Foire du livre et de la musique. Habituellement tenu dans le cadre du Toonik Tyme, qui est un festival du printemps à Iqaluit, le Rallye familial de motoneiges est un événement rassemblant des familles francophones qui viennent exercer leur sens de l’orientation et de l’observation. La Partie d’huîtres est une activité traditionnelle vieille de plus de 18 ans chez les francophones d’Iqaluit et a généralement lieu en octobre. Enfin, la recherche, la documentation et la diffusion en matière d’histoire et de culture du Nunavut et de ses peuples sont passablement actives notamment sur le Web. Le portail de l’Association des francophones du Nunavut est une ressource pour en connaître davantage sur la culture francophone du Nunavut.