Nouveau-Brunswick

La communauté

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du pays et le tiers de ses résidents est de langue maternelle française. Sa loi sur les langues officielles adoptée en 1969, la dualité de son système d'éducation, la richesse de son patrimoine artistique et culturel et le fort niveau de bilinguisme de sa main-d'oeuvre sont autant de témoignages du succès de ses politiques. Forte de 400 ans d'histoire, la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick affiche sa vitalité et se tourne résolument vers l'avenir.

La communauté acadienne du Nouveau-Brunswick comptait près de 240 000 personnes de langue maternelle française en 2006, soit 33 % de la population totale de la province. Les Acadiennes et Acadiens du Nouveau-Brunswick se localisent partout dans la province, mais surtout le long des côtes et à l'intérieur des terres jusqu'à Saint-Jacques. On dénote trois zones de forte concentration : le nord-est, le nord-ouest et le sud-est. Les sept comtés de Gloucester, Kent, Madawaska, Northumberland, Restigouche, Victoria et Wesmorland regroupent la plus grande majorité de francophones. Le Nouveau-Brunswick est encore peu urbanisé. La population est regroupée en petites communautés rurales à l'intérieur desquelles les francophones sont très fortement majoritaires. C'est le cas, par exemple, de la Péninsule acadienne où la concentration de francophone y est très dense. Quelques centres urbains émergent comme foyers de la vie française notamment à Moncton-Dieppe dans le sud-est de la province et à Edmundston dans le Nord-Ouest. Ces communautés sont parfois séparées les unes des autres soit par de vastes étendues forestières, soit par des corridors purement anglophones comme celui de la vallée de la Miramichi, ou des zones au peuplement mixte, comme dans la région de Moncton. Dans les régions à forte majorité anglophone, les Acadiens et Acadiennes se regroupent autour des centres communautaires de Fredericton, Saint-Jean et Miramich

Le Congrès mondial acadien de 1994 et le VIIIe Sommet de la Francophonie de 1999 ont confirmé le regain de fierté et d'affirmation de la communauté acadienne. En 2002, le gouvernement du Nouveau-Brunswick adopte une deuxième loi sur les Langues officielles, qui vient remplacer la loi adoptée en 1981, trop désuète. En 2004, alors que l'Acadie célèbre son 400e anniversaire, les 600 délégué.e.s réunis lors de la Convention 2004 pour faire le point sur l'évolution de ladite société, reconnaissent le rôle fondamental des arts et de la culture et mandatent l'Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) d'organiser des États généraux des arts et de la culture dans la société acadienne au Nouveau-Brunswick. Le processus de consultation et de réflexion des États généraux culminera par l'organisation du Grand rassemblement de mai 2007 tenu à Caraquet. C'est lors de cet événement historique que l'on convie, pour la première fois de leur histoire, les Acadiennes et les Acadiens à réfléchir collectivement au rôle et à l'importance des arts et de la culture dans le développement de leur société. Une soixantaine de recommandations seront adoptées lors du Grand rassemblement et donneront lieu à la Stratégie globale pour l'intégration des arts et de la culture dans la société acadienne au Nouveau-Brunswick. Cette Stratégie sert donc de carte de navigation puisqu'elle présente une vue d'ensemble de la trajectoire que l'Acadie doit suivre pour atteindre sa destination.

Parmi les recommandations qu'elle contient, près du tiers s'adresseront au secteur de l'éducation primaire et secondaire et au secteur de l'éducation postsecondaire. Or, le fait que le secteur de l'éducation ait été un des joueurs clefs à être interpellé n'est pas un hasard. Depuis déjà quelques années, la place des arts et de la culture dans les écoles est devenue un enjeu de société, tant sur la scène internationale qu'au Canada et encore plus en milieu minoritaire francophone, où les écoles ont le double mandat de la réussite scolaire et de la réussite identitaire.

L'AAAPNB et le CPSC, deux organismes complémentaires à la vitalité artistique et culturelle

L'Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) est née au printemps 1990 alors que la grande majorité des artistes professionnel.le.s de l'Acadie du Nouveau-Brunswick travaillaient de façon isolée. Ceux-ci disposaient de peu de moyens pour faire valoir leurs préoccupations et leurs attentes auprès des organismes publics et parapublics, des médias et du public en général.

Après de nombreuses rencontres de consultation et des ateliers d'orientation, l'Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) voyait le jour le 21 avril 1990 avec l'adoption de ses statuts et règlements et le mandat principal confié à l'organisme est d'ordre politique.

Depuis sa création et de par son rôle, l'AAAPNB a largement contribué à une meilleure reconnaissance de l'apport des artistes à l'ensemble de la collectivité et à une plus grande valorisation de leurs oeuvres. Grâce à ses efforts constants depuis les vingt dernières années, on observe aujourd'hui une nette amélioration de la qualité de vie au sein de la communauté artistique.

Unique en son genre, l'AAAPNB est reconnue comme un organisme phare pour le milieu artistique acadien. L'Association est d'abord un carrefour essentiel pour les artistes professionnel.le.s, en leur assurant un lieu de rencontre et de concertation, globalement et par discipline, en leur offrant des services d'accompagnement professionnel, en défendant leurs droits et en appuyant le rayonnement de leur travail et de leurs oeuvres. En tant qu'organisme de veille, elle est aussi la voix politique des artistes et, par extension, du milieu des arts, en se faisant le porte-parole de leurs revendications auprès des différentes instances responsables aux paliers municipal, provincial et fédéral.

À travers ses actions, l'AAAPNB:
  • fait la promotion de la profession d'artiste;
  • contribue à améliorer le statut socioéconomique des artistes;
  • fait valoir leur contribution à la société;
  • contribue à accroître la reconnaissance des arts au sein de la population et;
  • favorise en fin de compte, l'épanouissement de l'Acadie.

Aujourd'hui, l'AAAPNB réunit plus de 250 artistes professionnel.le.s réparti.e.s dans six disciplines : les arts visuels, les arts médiatiques, la danse, la littérature, la musique et le théâtre. L'Association figure en tête de liste des organismes à caractère artistique pour ce qui est du nombre de ses interventions et de ses réussites. Qui plus est, ses nombreuses réalisations ont eu, et continuent d'avoir, un impact très positif sur l'ensemble du milieu artistique et sur toute la société acadienne.

Le Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC) a vu le jour lors d'un colloque à Memramcook en 1971 en tant que comité de diffusion culturelle. Deux ans plus tard, sous le nom du Conseil de la promotion et diffusion de la culture (CPDC), il se dote d'une direction provinciale et d'un comité consultatif de six représentants pour répondre aux besoins des associations culturelles existantes à cette époque au Nouveau-Brunswick. Jusqu'en 1976, le rôle principal du CPDC sera orienté vers la gérance d'artistes acadiens et la promotion d'artistes de l'extérieur de la province. Par la suite, cette gérance sera abandonnée sauf pour les tournées subventionnées et les artistes de la relève.

En 1989, le CPDC devient le Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC). L'organisme provincial continu d'être actif dans plusieurs dossiers, dont le développement culturel, l'intégration culturelle en milieu scolaire et la diffusion des arts de la scène. Il poursuit son lobbying auprès des gouvernements afin d'obtenir un meilleur financement et d'assurer la permanence en région pour ses quinze membres soit, douze sociétés culturelles et trois centres scolaires communautaires.

Les changements que le CPSC subira au cours des années 90 lui permettront de continuer son essor et de solidifier sa base. À l'arrivée du nouveau millénaire, le CPSC se cherche des projets structurants. On assiste alors à l'émergence d'activités telles que la FrancoFête en Acadie, aujourd'hui organisée par le réseau de diffusion RaDART, le Festival de théâtre communautaire en Acadie et la Semaine provinciale du développement culturel pour ne nommer que ceux-là. Le CPSC collabore étroitement avec ses pairs dans le secteur des arts et de la culture dans plusieurs dossiers. Le CPSC se positionne comme un chef de file incontesté de l'aménagement culturel du territoire au Nouveau-Brunswick. L'année 2010 marque la première édition du mois de l'action culturelle au Nouveau-Brunswick, qui met en relief le travail de ses membres dans une nouvelle perspective et qui fait ressortir l'impact du réseau.

Le dynamisme artistique et culturel au Nouveau-Brunswick

La création artistique acadienne du Nouveau-Brunswick vibre et évolue depuis des décennies. Littérature, arts visuels, multimédias et arts de la scène, bref toutes les disciplines artistiques et culturelles, bénéficient d'un réseau de production et de diffusion de talents. Plusieurs créateurs font figure d'ambassadeurs de la culture acadienne. On pense bien sûr à l'écrivaine Antonine Maillet (premier écrivain hors France à recevoir le prix Goncourt, en 1979), mais on songe aussi à la chanson actuelle où se distinguent notamment les Natasha St-Pierre, Pascal Lejeune, Radio Radio, Lisa Leblanc, Marie-Jo Thério et Jean-François Breau.

Après les nombreux efforts déployés pendant une quinzaine d'années par l'ensemble des intervenants du monde artistique et culturel, la province du Nouveau- Brunswick s'est dotée, le 27 février 2002, d'une politique culturelle. Cependant, le secteur des arts et de la culture est encore largement sous financé, le Nouveau-Brunswick étant l'une des provinces au pays où étonnamment, se dépense le moins d'argent par habitant pour la culture.

Cependant, l'Acadie du Nouveau-Brunswick peut se targuer de plusieurs maisons d'édition et de librairies francophones, de multiples compagnies de théâtre professionnelles, de quelques compagnies de danse et d'une animation culturelle locale dans toutes les régions de l'Acadie. De plus, on y retrouve de multiples festivals et événements dont les principaux sont le Festival acadien, La Foire Brayonne, la Francofête en Acadie, divers festivals culturels spécialisés tels le Festival international de musique baroque, La Moisson d'Art, le Festival des arts visuels en Atlantique, le Festival international du cinéma francophone en Acadie et trois Salons du livre, etc.

Mentionnons enfin Les Éloizes qui sont organisées par l'AAAPNB et qui soulignent l'excellence par des manifestations artistiques multidisciplinaires et une remise de prix décernés aux artistes professionnel.le.s de la grande Acadie.

Pour obtenir une copie de la Stratégie globale, vous pouvez contacter l'AAAPNB au 506. 852.3313 ou en vous rendant aux bureaux de l'AAAPNB, 140 rue Botsford, Moncton. Ou encore, vous pouvez télécharger une copie au http://www.aaapnb.ca ou dans la section Publications de ce site.